Nulne doit hésiterà stagmatiser celui qui rompt ses liens avec sa mÚre ou sa soeur. Il ne vous est pas permis, cher auteur de la question, de vous mettre d'accord avec votre pÚre

1L’existence se trouve marquĂ©e par des moments de transition plus ou moins institutionnalisĂ©s, plus ou moins probables et anticipĂ©s, qui scandent les parcours de vie individuels mariage, sĂ©paration, accident de santĂ©, dĂ©cĂšs d’un proche, etc. Ces Ă©vĂ©nements biographiques sont potentiellement perturbateurs pour l’identitĂ© d’une part, ils amĂšnent Ă  s’interroger sur soi Giddens 1991 ; d’autre part, ils transforment le contexte relationnel et le rapport Ă  autrui alors que les autres jouent un rĂŽle essentiel dans la construction identitaire Dubar 1991. 2Le dĂ©cĂšs du conjoint est l’un de ces moments de transition, particuliĂšrement dĂ©licat Ă  gĂ©rer comme en tĂ©moigne la surmortalitĂ© des veuves et, surtout, des veufs, dans les annĂ©es qui suivent le dĂ©cĂšs Thierry 1999. Autrefois encadrĂ©e par des rituels qui canalisaient l’expression des Ă©motions » Halbwachs 1972 et qui dĂ©finissaient une pĂ©riode de deuil Van Gennep 1946, la transition du veuvage apparaĂźt aujourd’hui comme relevant exclusivement de la sphĂšre privĂ©e il n’y a plus de durĂ©e codifiĂ©e du deuil, ni de code vestimentaire particulier pour qui a perdu un proche. En quoi consiste alors l’expĂ©rience contemporaine du veuvage ? C’est cette expĂ©rience que nous nous proposons d’explorer Ă  partir d’entretiens rĂ©alisĂ©s avec des veufs et des veuves ayant perdu leur conjoint aprĂšs ou peu de temps avant la retraite 1 et en optant pour une perspective constructiviste et interactionniste, attentive au processus de construction de l’identitĂ© et au rĂŽle des autres dans ce processus. Comment veuves et veufs ont-ils fait face Ă  la disparition de leur conjoint ? Quels sont les mĂ©canismes du repli sur soi et celui-ci est-il inĂ©luctable ? Enfin le dĂ©cĂšs du conjoint marque-t-il vraiment la fin du lien conjugal ? Surmonter la sĂ©paration 3Le dĂ©cĂšs du conjoint nĂ©cessite un travail de deuil bien Ă©tudiĂ©, Ă  la suite de Freud, par les psychologues, qui en ont dĂ©gagĂ© les diverses manifestations et les diffĂ©rentes Ă©tapes sidĂ©ration, dĂ©ni et rĂ©volte, dĂ©pression avec ses altĂ©rations somatiques, intellectuelles et affectives BacquĂ© 2000 [1992]. MĂȘme si les rĂ©cits que nous avons recueillis sont rĂ©trospectifs et ne permettent pas de reconstituer, dans toute sa complexitĂ©, l’évolution des rĂ©actions qui suivent directement le dĂ©cĂšs, ils donnent Ă  entendre la rĂ©volte contre l’injustice du sort et, parfois, contre le dĂ©funt, accusĂ© par son conjoint de l’avoir abandonnĂ©. Ils tĂ©moignent de ce que le dĂ©cĂšs du partenaire conjugal entraĂźne l’effondrement des allant de soi » de la vie quotidienne Berger & Luckmann 1986, fait vaciller le sentiment de sĂ©curitĂ© ontologique » Giddens 1991 et conduit Ă  une perte de signification de l’existence. Ces rĂ©cits disent aussi la grande solitude ressentie, en particulier Ă  certaines heures de la journĂ©e pendant les repas, dans la soirĂ©e, parfois devant le poste de tĂ©lĂ©vision et en certaines circonstances comme les fĂȘtes, les anniversaires, les repas de famille ce sont lĂ  les moments forts » de la vie conjugale. 4Cependant, davantage que le travail de deuil lui-mĂȘme, c’est la maniĂšre dont on rĂ©organise son existence aprĂšs le dĂ©cĂšs du conjoint qui Ă©tait au cƓur de notre enquĂȘte et, de ce point de vue, trois phĂ©nomĂšnes mĂ©ritent d’ĂȘtre soulignĂ©s la recherche d’un sens Ă  l’évĂ©nement tragique et Ă  sa situation de survivant ; la quĂȘte de nouvelles occupations et de nouveaux investissements ; le soutien des proches. Sens et apaisement 5Face Ă  la mort, les hommes n’ont d’autre choix que de tenter de lui donner un sens. Autrefois prise en charge de maniĂšre collective par la religion et Ă  travers les rites funĂ©raires, la signification de la mort s’est aujourd’hui privatisĂ©e DĂ©chaux 1997. Aussi les survivants s’efforcent-ils de trouver une explication Ă  la mort de l’ĂȘtre proche comme l’a observĂ© A. Gotman en analysant des rĂ©cits de mort » d’un pĂšre ou d’une mĂšre, la mort naturelle reste “insuffisante” et reçoit volontiers un complĂ©ment d’interprĂ©tation social et psychologique » Gotman 1988. De mĂȘme, il apparaĂźt dans certains entretiens que les veuves et veufs cherchent Ă  donner un sens Ă  leur situation de survivant, ce qui est un moyen de circonscrire leur souffrance. 6Certains tentent, tout d’abord, de relativiser leur propre malheur Il ne faut pas prendre l’habitude de se plaindre parce qu’il y a tant de malheureux sur la terre. On n’est pas les seuls dans ce cas-lĂ . Je suis seule, d’accord, mais je suis toute seule, je n’ai que moi Ă  assumer. Et combien de familles, vous ne voyez pas, qui perdent leur mari et qui ont des petits enfants, qui se retrouvent sans travail ! » explique, par exemple, Mme AgnĂšs 2. De mĂȘme, il est des veufs qui pensent que cela doit ĂȘtre plus dur pour une femme et, plus souvent, des veuves qui estiment que leur situation n’est pas aussi dĂ©sespĂ©rĂ©e que celle des veufs. 7Un autre mĂ©canisme de consolation revient Ă  considĂ©rer que le dĂ©cĂšs du conjoint Ă©tait, en fin de compte, prĂ©fĂ©rable Ă  sa survie Mais sur le coup j’étais rĂ©voltĂ©e, hein
 Mais aprĂšs j’me suis dit, ben s’il avait Ă©tĂ© handicapĂ©, il aurait pas supportĂ©. [
] Ben c’qui m’raisonne c’est ça, quand je suis vraiment
 bas, j’me dis “Vaut peut-ĂȘtre mieux qu’ce soit lui qui soit parti, sois pas Ă©goĂŻste.” Parce que lui, il est bien oĂč il est, qui est-ce qui souffre le plus, c’est moi, hein ! » Mme Louise. 8Il est possible aussi de se retourner sur son existence et de manifester un certain contentement, de considĂ©rer que, tout compte fait, on a plutĂŽt rĂ©ussi sa vie conjugale. Ainsi, parmi les choses qui l’ont aidĂ©e, Mme Jeanne indique le souvenir de ma vie que j’ai eue avec Roger, c’était bien, je suis contente d’avoir vĂ©cu comme ça, je suis contente de la vie que j’ai eue ». M. AndrĂ© explique, lui, que la maladie de son Ă©pouse a Ă©tĂ© comme un approfondissement de leur relation et qu’il a l’impression d’avoir vĂ©cu quelque chose de trĂšs riche pendant trente-huit ans, avec des hauts et des bas, des conflits, la passion » et que cette histoire d’amour s’est terminĂ©e “bien” aussi, dans nos relations, dans quelque chose qui va au-delĂ  ». 9D’autres, enfin, vivent leur veuvage comme une Ă©preuve Ă  surmonter, une situation nouvelle qu’il leur faut accepter, par rapport Ă  laquelle ils affirment leur volontĂ© de reprendre le dessus » J’ai su rebondir dans ma tĂȘte. En me disant que j’ai perdu un ĂȘtre cher, mais maintenant je dois continuer Ă  vivre et faire par la mĂȘme occasion des choses que je n’ai pas pu faire pendant mes quarante annĂ©es de mariage » Mme Lucie. Nouvelles occupations, nouveaux investissements 10Avec le conjoint disparaĂźt non seulement un ĂȘtre aimĂ©, mais aussi le partenaire des activitĂ©s quotidiennes et celui qui, par sa prĂ©sence, donnait un sens Ă  certaines de ces activitĂ©s. Aussi le survivant doit-il relever un double dĂ©fi trouver que faire de ses journĂ©es, dĂ©structurĂ©es par la disparition du conjoint ; essayer de donner une nouvelle signification Ă  son existence. 11Pour dĂ©tourner l’esprit des pensĂ©es douloureuses, il faut trouver Ă  s’occuper. Les occupations choisies sont diverses et dĂ©pendent de la position dans la trajectoire de vie au moment du dĂ©cĂšs Lalive d’Epinay 1996. Ainsi, avoir encore une activitĂ© professionnelle ou un enfant Ă  charge pour les veufs et veuves les plus jeunes, ĂȘtre engagĂ© dans des activitĂ©s associatives oĂč il est possible de s’investir davantage, disposer de centres d’intĂ©rĂȘt personnels sont des atouts pour trouver une occupation qui limite les moments oĂč l’on se retourne sur son propre malheur. La tĂ©lĂ©vision et la lecture peuvent aussi ĂȘtre d’un grand secours elles constituent des occupations et des dĂ©rivatifs durant la journĂ©e et aussi la nuit, pendant les heures d’insomnie ; elles procurent pour la tĂ©lĂ©vision le sentiment d’une prĂ©sence ; elles peuvent aussi aider au travail de deuil Lahire 1998 107-118, comme pour Mme Jeanne, qui Ă©voque un livre fait par deux AmĂ©ricaines qui ont beaucoup accompagnĂ© de gens qui vivaient des deuils », qui l’ a aidĂ©e Ă  comprendre ce qui se passait en moi et m’a fait beaucoup de bien ». 12Cependant, trouver Ă  s’occuper ne va pas toujours de soi L’aprĂšs-midi, je regarde la tĂ©lĂ©, qu’est-ce que je peux faire ? Et puis entre deux je vais faire un tour
 J’n’ai pas grand-chose Ă  faire
 Et puis j’donne un coup de main Ă  ma voisine entre deux, hein ? Qu’est-ce que j’peux faire toute seule ? Tout seul, on n’a pas grand-chose Ă  faire, hein ? [
] J’tricote
 Ça passe le temps un p’tit peu
 Et puis tricoter toute une journĂ©e, c’est suant aussi » Mme Marie. Par ailleurs, ce ne sont pas tant les occupations en elles-mĂȘmes qui importent que le fait qu’elles donnent ou non un sens Ă  l’existence. Sur ces deux points, le soutien social peut se rĂ©vĂ©ler prĂ©cieux. Soutien social et remobilisation de soi 13En cas de difficultĂ©s et, en particulier, au cours des moments de transition, le soutien social » des proches se manifeste ; c’est ainsi qu’au moment de la retraite celui qui cesse son activitĂ© professionnelle reçoit le soutien de son conjoint Caradec 1996a. Lors du veuvage, les proches apportent aussi leur aide. Cependant, malgrĂ© de multiples investigations qui se sont efforcĂ©es d’en repĂ©rer les effets bĂ©nĂ©fiques sur le bien-ĂȘtre des personnes endeuillĂ©es Lavoie & VĂ©zina 1990, le soutien social reste difficile Ă  apprĂ©hender tant il apparaĂźt multiforme il peut consister en une aide instrumentale » ou expressive » 3, intervenir Ă  diffĂ©rents moments du deuil juste aprĂšs le dĂ©cĂšs ou un peu plus tard, ĂȘtre assurĂ© par les enfants, mais aussi par des amis ou des voisins. Il importe, nous semble-t-il, de ne pas avoir une conception trop mĂ©caniste de ce soutien, dans laquelle la personne aidĂ©e ne serait que le bĂ©nĂ©ficiaire passif de la sollicitude d’autrui, mais de l’apprĂ©hender plutĂŽt dans une perspective interactionniste Lopata 1996, de concevoir la personne aidĂ©e comme active et se saisissant ou non de l’aide qu’on lui apporte pour rĂ©organiser son existence et lui redonner un sens. De ce point de vue, certains soutiens semblent plus nocifs que bĂ©nĂ©fiques, par exemple lorsque la personne en deuil se sent incomprise par ceux qui cherchent Ă  l’aider ou se retrouve dans une situation de dĂ©pendance mal supportĂ©e. Par ailleurs, il nous semble possible de distinguer deux formes de l’aide Ă  la remobilisation de soi » de la personne veuve l’encouragement et la sollicitation. 14L’encouragement consiste en des tentatives pour casser la spirale de la dĂ©pression et du repli sur soi la personne veuve se voit incitĂ©e Ă  sortir et Ă  s’engager dans de nouvelles activitĂ©s. M. Gilles raconte ainsi que je restais Ă  ma maison sans bouger. Elle [sa fille] a dit “Faut sortir, faut te dĂ©sennuyer, viens dĂźner Ă  la maison !” Alors je m’es remis en route. Maintenant, ça va ». Mme Rolande explique que c’est parce qu’on lui a tendu la perche » qu’elle a aujourd’hui de nombreuses occupations une voisine lui a proposĂ© de participer Ă  une excursion, elle y a retrouvĂ© une amie de jeunesse avec qui elle a renouĂ© connaissance » et qui l’a ensuite entraĂźnĂ©e dans diverses activitĂ©s. 15Dans d’autres cas, l’encouragement se fait sollicitation quelqu’un demande Ă  la personne endeuillĂ©e de l’aider. C’est, par exemple, une fille qui propose Ă  sa mĂšre veuve de garder ses propres enfants ; ou un fils qui demande Ă  son pĂšre s’il peut l’aider pour les travaux de sa maison ; ou encore un ami qui est Ă  la recherche de bĂ©nĂ©voles dans une association. Ce genre de requĂȘte apparaĂźt particuliĂšrement bienvenu car il est susceptible de donner Ă  la personne veuve non seulement une occupation, mais aussi le sentiment qu’elle est encore utile et que son existence a toujours un sens aux yeux d’autrui. On le perçoit bien dans ce tĂ©moignage Moi je trouve que quand on a quelque chose Ă  se raccrocher, heu
 Ă  mĂȘme rendre service Ă  quelqu’un, je sais pas
 Y a, y a des moments heu
 J’ai une voisine qui est illettrĂ©e, qui arrive ici avec tous ses papiers, qui met tout sur la table, hein, et que j’dois calmer parce qu’elle est complĂštement perdue, hein, et puis que je dois faire les papiers, et puis tout rĂ©gler moi-mĂȘme
 Ben j’me sens bien, j’me sens bien parce que j’ai eu quelque chose à
 je m’sens bien » Mme Simone. On le voit aussi a contrario dans le discours de certaines personnes veuves qui ne sont pas parvenues Ă  redonner un sens Ă  leur vie Mme Jeanne ne vit pas dans la dĂ©rĂ©liction, mais elle explique que maintenant, j’ai complĂštement arrĂȘtĂ©, je ne fais plus de cuisine. [
] Je pense que je suis trĂšs dĂ©motivĂ©e, c’est-Ă -dire, tu vois, pendant six ans j’ai eu ma vie complĂštement occupĂ©e car j’y pensais jour et nuit, j’avais une Ă©norme responsabilitĂ©, faire survivre un homme qui dĂ©pendait de plus en plus de moi, et puis subitement
 Tu vois, j’aurais des petits-enfants, je suppose que j’aurais fait quelque chose, je l’aurais fait pour eux, j’aurais Ă©tĂ© motivĂ©e, tu vois j’ai pas ce moteur-là
 Je peux rester des journĂ©es entiĂšres au lit, maintenant, j’ai personne qui dĂ©pend de moi ». Le veuvage peut-il ĂȘtre une libĂ©ration ? 16Dans les reprĂ©sentations du veuvage, l’image du veuvage-affliction se trouve concurrencĂ©e par celle du veuvage-libĂ©ration Ă  la douleur des veuves Ă©plorĂ©es rĂ©pond le plaisir de la vie des veuves joyeuses ». Il y aurait ainsi une maniĂšre positive » de vivre la disparition du conjoint dont attestent divers travaux de recherche C. Lalive d’Epinay observe que le veuvage-libĂ©ration est particuliĂšrement typique parmi les petites classes moyennes » du fait du repli » que l’homme, plus casanier, impose Ă  son Ă©pouse au moment de la retraite Lalive d’Epinay 1985 ; 54 % des veuves de plus de 50 ans interrogĂ©es par H. Lopata ont le sentiment d’avoir changĂ© depuis leur veuvage et la majoritĂ© d’entre elles pensent ĂȘtre devenues plus indĂ©pendantes et compĂ©tentes Lopata 1973 ; dans une autre enquĂȘte, plus du tiers des veuves ĂągĂ©es ressentent une plus grande indĂ©pendance ou un soulagement Thomas et al. 1988. Ce veuvage-libĂ©ration apparaĂźt aussi dans notre corpus. Mais il nous semble indispensable d’en distinguer deux formes. 17On peut, tout d’abord, entendre par libĂ©ration » la fin d’un joug conjugal mal supportĂ©. Ce cas est trĂšs minoritaire et ne concerne que deux personnes. M. Charles explique que sa femme avait un drĂŽle de caractĂšre », qu’elle Ă©tait trĂšs spĂ©ciale », qu’il a certes Ă©tĂ© triste comme tout le monde », mais qu’il est, pour tout dire, un veuf heureux ». Mme Mathilde raconte que le dĂ©cĂšs de son conjoint a Ă©tĂ© une dĂ©livrance » car, confie-t-elle, je me confinais lĂ  jamais bouger, toujours la tĂ©lĂ©, tout ça. Et d’un seul coup, je me suis sentie
 libre quoi, hein ? [
] Et puis donc j’ai voyagĂ©, tout ça. Disons que mon veuvage s’est bien passĂ© » elle n’a pas du tout souffert » car il Ă©tait malade, il Ă©tait grognon, il Ă©tait toujours en train de rĂąler, alors Ă  la fin, euh
 je ne sais pas
 Ă  la fin, vous en avez vraiment assez ». Et elle ajoute Disons que, quand mon mari est dĂ©cĂ©dĂ©, j’ai retrouvĂ© ma vie de jeune fille. » 18ParallĂšlement, sans que le sentiment de libĂ©ration soit si nettement affirmĂ©, il arrive que le survivant reconnaisse qu’il a acquis une plus grande indĂ©pendance. Ce sentiment peut advenir, en particulier, lorsque le survivant a dĂ» s’occuper de son conjoint malade et que, une fois achevĂ© ce travail de soin astreignant, il parvient Ă  trouver de nouveaux investissements et Ă  redonner un sens Ă  son existence. Ce sentiment peut aussi Ă©merger quand le survivant se lance dans des activitĂ©s qu’il n’aurait pas rĂ©alisĂ©es avec son conjoint et qui l’amĂšnent Ă  dĂ©couvrir un pan de sa personnalitĂ© laissĂ© dans l’ombre par la vie conjugale Y a des bĂ©nĂ©fices secondaires Ă  ĂȘtre tout seul. [
] Je me retrouve lĂ  dans la position d’un adolescent qui n’a pas d’attaches et qui vit en cĂ©libataire. Ce que je vis lĂ , j’ai dĂ» le vivre
 aprĂšs le service militaire » M. AndrĂ©. Repli sur soi ou nouvelle sociabilitĂ© ? 19AprĂšs le dĂ©cĂšs d’un proche, le repli sur soi est un symptĂŽme classique de la phase de deuil fatigue intense, apathie gĂ©nĂ©rale, dĂ©sinvestissement des occupations antĂ©rieures ont Ă©tĂ© observĂ©s par les psychologues BacquĂ© 2000 [1992] 60. Cependant, ce repli sur soi renvoie aussi Ă  des mĂ©canismes sociologiques, que nous allons nous efforcer de prĂ©ciser. Par ailleurs, il n’est pas inĂ©luctable les liens avec la famille, en particulier avec les enfants, peuvent se resserrer et il arrive que de nouvelles relations privilĂ©giĂ©es se dĂ©veloppent, plutĂŽt avec une amie pour les veuves, plutĂŽt avec une nouvelle conjointe pour les veufs. Les mĂ©canismes du repli sur soi 20Le repli sur soi prĂ©sente un double aspect une plus forte prĂ©sence dans l’espace domestique et une baisse de la sociabilitĂ©. 21La plus forte prĂ©sence dans l’espace domestique est, tout d’abord, une consĂ©quence de la dĂ©mobilisation » de soi qui se produit au moment du dĂ©cĂšs du conjoint les activitĂ©s rĂ©alisĂ©es en commun, qui prenaient sens dans un cadre conjugal, se trouvent privĂ©es de leur principale raison d’ĂȘtre – le fait d’ĂȘtre Ă  deux. C’est pourquoi certaines sorties disparaissent Quand on me propose d’aller Ă  un concert un soir, ou une sortie quelconque le soir, ça n’me dit rien
 parce qu’avant j’étais accompagnĂ©e de Pierre. On
 on rigolait ensemble
 c’était mieux », explique, par exemple, Mme Sabine. Il faut aussi Ă©voquer la brutale dĂ©motorisation » de certaines femmes qui, au moment du dĂ©cĂšs de leur conjoint, deviennent dĂ©pendantes de personnes extĂ©rieures au mĂ©nage pour leurs dĂ©placements et renoncent Ă  certains d’entre eux par peur de dĂ©ranger et de se mettre en dette. Ajoutons que la baisse de revenu des femmes n’ayant pas exercĂ© d’activitĂ© professionnelle et qui touchent la pension de rĂ©version de leur mari constitue aussi un frein aux sorties. Enfin, le dĂ©cĂšs du conjoint peut survenir en phase de dĂ©prise », alors que la fatigue ressentie du fait de l’ñge amĂšne Ă  Ă©conomiser ses forces Barthe et al. 1988 et qu’apparaissent des problĂšmes de santĂ©. 22Si la baisse de la sociabilitĂ© s’explique, pour une part, par la diminution des sorties, elle renvoie aussi Ă  la disparition de certaines relations sociales antĂ©rieures, en particulier avec la belle-famille et avec des couples d’amis de mĂȘme que la constitution du couple est un moment de dĂ©clin des amitiĂ©s personnelles Bidart 1997 338, la disparition du couple se rĂ©vĂšle menaçante pour les amitiĂ©s de couples. Il apparaĂźt, d’une part, que certaines de ces amitiĂ©s reposaient en fait sur le conjoint, expert en sociabilitĂ©. D’autre part, et plus fondamentalement, la gestion de l’interaction sur des bases nouvelles est dĂ©licate gĂȘne des amis qui ne savent comment se comporter la personne veuve souhaite-t-elle une compagnie ou ne prĂ©fĂšre-t-elle pas rester seule ? Faut-il Ă©voquer avec elle le dĂ©funt ou n’en point parler ? ; gĂȘne aussi de la personne seule qui ne se sent pas Ă  sa place dans une relation perçue comme dissymĂ©trique, ne veut pas dĂ©ranger les couples » ou ne souhaite pas ĂȘtre confrontĂ©e Ă  l’image du bonheur conjugal d’autrui qui lui rappelle trop son propre bonheur disparu J’aime moins sortir parce que je suis seul. Les gens chez qui on va sont bien, ils sont ensemble. Il faut ĂȘtre sĂ©parĂ© pour savoir ce que c’est. Il y a des gens ensemble, alors
 », dĂ©clare M. Robert. Nouvelles amies et nouvelles conjointes 23Si les mĂ©canismes de repli sur soi que nous venons de dĂ©crire sont puissants, ils ne condamnent pas tous les veufs et veuves Ă  une faible sociabilitĂ©. Les situations apparaissent trĂšs diverses certains sortent peu de chez eux et ont une sociabilitĂ© rĂ©duite ; d’autres sont essentiellement tournĂ©s vers les relations familiales ; d’autres encore dĂ©veloppent des activitĂ©s extĂ©rieures qui sont l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes. Par ailleurs, les relations Ă©voluent au fil du temps Ă  une phase de repli peut succĂ©der une ouverture sur autrui. Lorsque de nouvelles relations se dĂ©veloppent, une diffĂ©rence se dessine entre les hommes et les femmes les veufs ont davantage tendance Ă  rechercher et Ă  trouver une nouvelle compagne ; symĂ©triquement, les amies jouent plus souvent un rĂŽle dans la nouvelle vie des veuves. 24Sur les 25 veufs de notre corpus, 6 ont une nouvelle compagne ; seules 2 veuves parmi les 25 rencontrĂ©es ont un nouveau compagnon. Au-delĂ  de cette diffĂ©rence quantitative – en soi peu significative sur un petit Ă©chantillon –, ce sont les discours que tiennent les uns et les autres sur l’éventualitĂ© d’une nouvelle vie conjugale qui apparaissent trĂšs diffĂ©renciĂ©s dans leur grande majoritĂ©, les hommes n’excluent pas cette Ă©ventualitĂ©, voire en souhaitent la rĂ©alisation ; la plupart des femmes Ă©cartent pareille hypothĂšse, la jugeant impensable », ne l’envisageant pas pour elles-mĂȘmes, sans pour autant condamner celles et ceux qui s’engageraient dans cette voie. Cette plus forte propension des hommes Ă  renouer avec une vie conjugale se trouve confirmĂ©e par d’autres enquĂȘtes dans une recherche rĂ©alisĂ©e Ă  GenĂšve, 6 veufs parmi les 31 rencontrĂ©s ont parlĂ© d’une compagne, alors mĂȘme que l’enquĂȘte portait sur des veufs vivant seuls dans leur appartement » et aucune des 32 veuves de l’échantillon n’a formĂ© un nouveau couple Sol 1992, 1996 ; dans une enquĂȘte rĂ©alisĂ©e aux Pays-Bas auprĂšs de personnes ĂągĂ©es de 60 Ă  75 ans, veuves depuis plus de trois ans et moins de cinq ans, 38 % des hommes 12 sur 31 et 10 % des femmes 5 sur 50 ont indiquĂ© qu’ils avaient une nouvelle compagne ou un nouveau compagnon Stevens 1995 4. 25Comment rendre compte de cette diffĂ©rence d’attitude par rapport Ă  la recomposition conjugale, tant dans les faits que dans les discours des personnes veuves ? Il faut sans doute y voir, tout d’abord – mĂȘme si cela n’est pas dit au cours des entretiens –, une accommodation avec la rĂ©alitĂ© du marchĂ© matrimonial et les chances objectives de connaĂźtre une nouvelle vie conjugale Ă  ces Ăąges de la vie, les femmes sans conjoint sont beaucoup plus nombreuses que les hommes seuls ; par ailleurs, les hommes ont tendance, lorsqu’ils reforment un couple, Ă  le faire avec une femme plus jeune qu’eux 5. Il convient ensuite de souligner la croyance, qui semble assez rĂ©pandue puisqu’on la retrouve dans les discours tant masculins que fĂ©minins, en une plus grande inaptitude des hommes Ă  vivre seuls. On peut aussi Ă©voquer le caractĂšre plus central et exclusif de la relation conjugale pour les hommes, ceux-ci comptant essentiellement sur le soutien de leur Ă©pouse, alors que les femmes reçoivent des soutiens plus diversifiĂ©s et semblent donc moins dĂ©pendantes, de ce fait, de la relation conjugale Antonucci & Akiyama 1987. 26Cette nouvelle vie conjugale peut prendre des formes diverses certains se marient ; d’autres cohabitent sans ĂȘtre mariĂ©s ; d’autres encore conservent deux logements et adoptent une organisation conjugale intermittente » les conjoints ne vivent pas constamment ensemble et partagent leur temps entre des pĂ©riodes de vie commune et des pĂ©riodes de vie oĂč chacun occupe son propre logement ou alternĂ©e » les conjoints vivent alors continĂ»ment ensemble, mais alternativement chez l’un et chez l’autre Caradec 1996b. Cette nouvelle relation conjugale, plus souvent pensĂ©e dans le registre de l’amitiĂ© avec des variantes importantes entre la simple compagnie » ou le soutien mutuel » et la profonde affection » que dans le registre de l’amour Caradec 1997 permet de continuer son existence sans souffrir de la solitude et en lui donnant un nouveau sens. 27Cette recomposition conjugale ne signifie pas l’oubli de la prĂ©cĂ©dente union, comme en attestent les modes d’organisation adoptĂ©s. Tout d’abord, si l’attachement Ă  la maison est si important, c’est en particulier parce qu’elle est le lieu oĂč l’on a ses souvenirs. Il arrive d’ailleurs qu’une nouvelle relation achoppe sur la question de la maison. C’est ce dont tĂ©moigne M. Robert Ça m’intĂ©ressait assez bien [de retrouver une compagne] mais ça n’a jamais marchĂ© Ă  cause que je ne voulais pas quitter ici. J’ai connu quatre ou cinq veuves [
] qui Ă©taient veuves depuis quelques annĂ©es, cinq ou six ans, mais qui avaient une maison et moi, j’avais une maison. Il y a jamais eu d’entente. On avait deux maisons ! Rires. [
] Elles ne voulaient pas quitter, je ne voulais pas quitter. » Ensuite, parallĂšlement Ă  des motivations plus pragmatiques ne pas perdre la pension de rĂ©version, Ă©viter les problĂšmes avec les enfants, le refus du mariage peut se trouver justifiĂ© par la fidĂ©litĂ© au conjoint disparu. D’ailleurs, les anciens conjoints ne s’effacent pas au moment de la recomposition conjugale, mais apparaissent au contraire trĂšs prĂ©sents leurs portraits sont exposĂ©s et il est frĂ©quent que l’on Ă©voque, avec son nouveau compagnon, sa vie conjugale passĂ©e. De ce point de vue, la dissymĂ©trie dans la situation matrimoniale des conjoints l’un veuf, l’autre cĂ©libataire ou divorcĂ© ou dans leur maniĂšre de gĂ©rer le souvenir peut faire problĂšme. 28Si les veufs semblent aspirer Ă  une nouvelle vie conjugale, les veuves entretiennent plus frĂ©quemment des relations amicales avec d’autres femmes. C’est ce qui apparaĂźt dans notre corpus, mais aussi dans l’enquĂȘte de Stevens, dans laquelle 52 % des veuves entretiennent des relations rĂ©guliĂšres avec une amie alors que seulement 26 % des hommes font de mĂȘme avec un ami Stevens 1995. Ces rĂ©sultats ne sont guĂšre surprenants si on les rĂ©fĂšre, encore une fois, aux donnĂ©es dĂ©mographiques et au dĂ©sĂ©quilibre quantitatif entre hommes et femmes ĂągĂ©s, et encore plus entre hommes seuls et femmes seules. Cette proximitĂ© fĂ©minine se manifeste, tout d’abord, au moment du dĂ©cĂšs des amies ou des voisines, parfois veuves elles-mĂȘmes, cherchent Ă  soutenir celle qui vient de perdre son mari, lui rendent visite, l’invitent Ă  manger ou Ă  passer l’aprĂšs-midi. On observe aussi la formation de couples d’amies » qui se voient trĂšs rĂ©guliĂšrement, s’entraĂźnent mutuellement lors des sorties et font des voyages ensemble leurs relations n’apparaissent pas trĂšs diffĂ©rentes de celles de certains conjoints au mode intermittent de cohabitation lorsqu’ils n’ont pas de relations sexuelles et disent Ă©prouver de l’amitiĂ© » l’un pour l’autre. C’est ainsi que Mme Blanche, peu dĂ©sireuse de partir seule alors que son mĂ©decin lui a conseillĂ© de sortir de chez elle et de voyager, a contactĂ© une voisine qu’elle croisait en se rendant au cimetiĂšre. Depuis, elles sont devenues amies, partent en vacances ensemble, ce qui leur donne l’occasion de parler de leur ancienne vie conjugale. La possibilitĂ© de pouvoir se confier Ă  quelqu’un qui a vĂ©cu la mĂȘme Ă©preuve que soi et qui est donc Ă  mĂȘme de comprendre » est d’ailleurs trĂšs souvent soulignĂ©e On peut pas en parler parce que y faut y passer par lĂ  pour comprendre et c’est pour ça que j’ai plusieurs amies qui sont veuves, et y a qu’lĂ  que j’suis bien, qu’on en discute », explique Mme Louise. Le veuvage, la fin du lien conjugal ? 29Le dĂ©cĂšs ne fait pas disparaĂźtre le dĂ©funt de l’existence des vivants un Ă©change symbolique » s’institue entre les vivants et les morts DĂ©chaux 1997 35. De mĂȘme, la disparition du conjoint ne marque pas la fin de la vie conjugale nos entretiens donnent Ă  voir combien le disparu reste prĂ©sent pour le conjoint survivant Ă  travers la mĂ©moire conjugale ». Cette mĂ©moire, qui procĂšde par reconstruction du passĂ©, n’est pas figĂ©e elle se transforme, et c’est ainsi que s’établit, peu Ă  peu, un nouveau rapport avec le dĂ©funt. Les voies du souvenir 30La remĂ©moration emprunte des canaux divers c’est au travers de certaines situations, de supports matĂ©riels, de la parole ainsi que de rituels et de cĂ©rĂ©monies que transite et prend forme la mĂ©moire du disparu. 31Ce sont, tout d’abord, des situations ou des circonstances particuliĂšres qui, parce qu’elles rappellent un Ă©pisode ou un moment de la vie conjugale, sont propices au surgissement du souvenir. Ainsi, le conjoint Ă©tait tellement associĂ© aux habitudes quotidiennes que l’impression de sa prĂ©sence s’impose souvent sous la forme d’hallucinations visuelles ou auditives, cette impression perdurant quelquefois longtemps aprĂšs sa disparition Le soir, quand les lumiĂšres sont Ă©teintes, je le sens prĂšs de moi, dans le lit aussi. Ou quand je regarde la tĂ©lĂ©vision, j’ai l’impression qu’il passe sa main dans mes cheveux. Rien que d’en parler, j’ai des frissons », raconte Mme Françoise. Si c’est la mĂ©moire corporelle qui semble ici s’exprimer Connerton 1989 ; Kaufmann 1997, le corps revivant les sensations du passĂ© 6, dans d’autres situations, le souvenir du conjoint apparaĂźt davantage maĂźtrisĂ© il a alors une fonction de rĂ©flexivitĂ© » plutĂŽt que de reviviscence » Muxel 1996. Il arrive ainsi que le disparu se trouve sollicitĂ© en certaines circonstances et qu’un dialogue imaginaire s’instaure avec lui, dialogue qui prolonge les interactions qui ont eu lieu au cours de la vie conjugale et s’en nourrit A propos d’une situation plus ou moins ennuyeuse, on se dit, bon, il aurait dit ça, il aurait fait ça
 Est-ce qu’il aurait Ă©tĂ© d’accord avec ce que je vais faire ? » Mme Blandine. C’est aussi le souvenir de certaines conversations conjugales qui peut ĂȘtre mobilisĂ©, le survivant trouvant dans des paroles ou des conseils du disparu une aide dans les moments difficiles Je me rappelle avec quelle force et Ă©nergie ma femme avait relevĂ© ce drame [le dĂ©cĂšs d’un fils]. Et j’avoue qu’aujourd’hui j’essaie de prendre exemple sur elle », explique M. Joseph. 32La mĂ©moire se trouve aussi incarnĂ©e dans des supports matĂ©riels. Cette mĂ©moire par les choses » DĂ©chaux 1997 ch. 5 transite, tout d’abord, par certains objets de l’espace domestique. Ceux-ci sont divers puisqu’ils renvoient Ă  l’histoire personnelle de chacun, mais il est cependant des mĂ©diateurs privilĂ©giĂ©s du souvenir conjugal le fauteuil dans lequel s’installait le conjoint pour regarder la tĂ©lĂ©vision, son alliance, sa paire de lunettes, les souvenirs de vacances achetĂ©s en commun et, bien sĂ»r, les photos. Comme le laisse entrevoir cette Ă©numĂ©ration, ces objets sont de deux types les uns, objets animistes » Muxel 1996, sont dans une relation de mĂ©tonymie avec le disparu ; les autres symbolisent le lien conjugal. Il en va de mĂȘme pour les lieux de mĂ©moire certains Ă©voquent le conjoint le cimetiĂšre ; la piĂšce – cuisine, garage, bureau, sous-sol – qu’il occupait de maniĂšre privilĂ©giĂ©e dans la maison ; celle oĂč il a vĂ©cu, malade, les derniers mois de sa vie et d’autres rappellent l’union passĂ©e un restaurant oĂč le couple avait l’habitude d’aller ; un lieu de vacances oĂč il a Ă©tĂ© heureux. Tout en Ă©laborant ses propres supports de mĂ©moire, chacun se positionne par rapport aux plus courants d’entre eux beaucoup se rendent trĂšs rĂ©guliĂšrement, parfois quotidiennement, sur la tombe de leur conjoint, mais quelques-uns refusent ce rituel hypocrite » ; les photos du disparu peuvent se trouver exposĂ©es dans plusieurs piĂšces de la maison ou se faire plus discrĂštes seule une petite photo est alors visible, voire, dans quelques cas, ne pas ĂȘtre prĂ©sentes. Ces supports matĂ©riels de la mĂ©moire sont aussi plus ou moins nombreux tel vit entourĂ© d’objets chargĂ©s du souvenir de son conjoint, alors que tel autre n’en cite aucun. Comme l’avaient dĂ©jĂ  observĂ© Csikszentmihalyi et Rochberg-Halton dans leur enquĂȘte sur l’attachement aux objets, la propension Ă  investir les objets domestiques d’une dimension symbolique et Ă  s’y attacher parce qu’ils manifestent les liens avec les proches vivants ou disparus est, chez les personnes ĂągĂ©es, trĂšs variable Csikszentmihalyi & Rochberg-Halton 1981 102-105. Il est aussi des cas oĂč la mĂ©moire paraĂźt moins incarnĂ©e dans des objets et des lieux prĂ©cis, plus diffuse Ă  l’intĂ©rieur de la maison ou mĂȘme moins dĂ©pendante de supports matĂ©riels Vous savez, je n’ai pas besoin d’objets, d’endroits ou de photos pour penser Ă  elle. Elle est toujours prĂ©sente dans ma tĂȘte », dĂ©clare ainsi M. Henri. 33ParallĂšlement, la mĂ©moire s’élabore, se perpĂ©tue et se transmet Ă  travers la parole DĂ©chaux 1997. On Ă©voque le conjoint avec les enfants ou avec des amis, on parle des bons moments » passĂ©s ensemble, on le convoque dans la conversation en imaginant ce qu’il aurait pu faire ou dire, on raconte des anecdotes qui, en soulignant certains de ses traits de caractĂšre, construisent sa personnalitĂ© posthume. Cependant, parler du conjoint ne va pas toujours de soi certains prĂ©fĂšrent, face Ă  la mort, la stratĂ©gie du silence ; d’autres craignent d’importuner leur entourage par des Ă©vocations trop frĂ©quentes. C’est pourquoi un nouveau partenaire veuf conjointe ou amie est l’interlocuteur privilĂ©giĂ© pour parler du disparu, puisque les souvenirs sont alors Ă©changĂ©s entre personnes vivant la mĂȘme situation. Encore faut-il que les deux nouveaux conjoints soient Ă©galement d’accord pour Ă©voquer le passĂ© il y a, quelquefois, des difficultĂ©s et des insatisfactions lorsque l’un souhaite gĂ©rer le souvenir de son conjoint disparu par la parole et l’autre par le silence. 34Le souvenir prend, enfin, la forme de rituels commĂ©moratifs le jour des morts, bien sĂ»r DĂ©chaux 1997, ou encore des messes dites pour le dĂ©funt. Se mettent aussi en place des cĂ©rĂ©monies privĂ©es » du souvenir qui prennent sens par rapport Ă  l’histoire conjugale. Certaines de ces cĂ©rĂ©monies ont pour cadre l’espace domestique M. Franck fleurit la photo de sa femme de la mĂȘme façon qu’il lui apportait, de son vivant, des fleurs du jardin ; M. Jacques laisse branchĂ©s Les Feux de l’Amour, bien que ça ne m’intĂ©resse pas du tout, pour voir ce qu’elle aurait vu si elle avait encore Ă©tĂ© là
 A ce moment-lĂ , je pense Ă  elle ». D’autres cĂ©rĂ©monies privĂ©es prennent la forme d’un pĂšlerinage dans les lieux visitĂ©s ensemble J’y suis retournĂ© un peu concrĂštement dans les lieux
 avec vraiment l’intention de la retrouver
 de retrouver quelque chose d’elle, mais pas dans la morbiditĂ© », raconte M. AndrĂ©. Sans doute la relation conjugale, qui est la plus Ă©lective des relations familiales, se prĂȘte-t-elle particuliĂšrement bien Ă  cette privatisation et Ă  cette individualisation cĂ©rĂ©monielle. Certes, ces actes privĂ©s ne sont pas des rituels, en ce sens qu’ils ne sont pas porteurs d’une signification transcendante sur l’ordre du monde et sur le rapport entre les vivants et les morts DĂ©chaux et al. 1998 et ils ne sont pas non plus des commĂ©morations puisque, faute de dimension publique, ils ne permettent pas la socialisation du souvenir » DĂ©chaux 1998 ; Urbain 1998. Mais, parallĂšlement aux pratiques plus ritualisĂ©es la visite sur la tombe du conjoint, en particulier, ils participent Ă  l’instauration d’un nouveau rapport au mort. Trouver la bonne distance avec le mort ou comment dompter le souvenir 35Le souvenir peut apaiser Et ça c’est vrai que
 bon, quand tu n’as pas le moral, tu regardes ça [des petites aquarelles vitrifiĂ©es], t’es
 pour moi, c’est
 tu vois les endroits oĂč on a vĂ©cu ensemble, oĂč on a Ă©tĂ© heureux ensemble
 pour moi, c’est des bons endroits » Mme HĂ©lĂšne. Mais il peut aussi accabler Son fauteuil, je ne voulais plus le voir car je le voyais dedans » Mme JoĂ«lle ; Non, on n’en parle pas beaucoup, car la douleur est encore trop grande » Mme Françoise ; certains lieux de la maison paraissent dĂ©sormais inaccessibles. Aussi faut-il parvenir Ă  contrĂŽler le flux du souvenir pour ne pas ĂȘtre submergĂ© par l’émotion. Avec le dĂ©cĂšs du conjoint commence un long processus de mise Ă  bonne distance » du mort qui passe par un travail sur la mĂ©moire. Ce travail est double il consiste, tout d’abord, Ă  accentuer la composante active » de la mĂ©moire, qui vise Ă  reconstruire le passĂ© », Ă  le maĂźtriser en le distinguant du prĂ©sent », et Ă  endiguer sa composante affective, ouverte aux sĂ©ductions ou aux persĂ©cutions des rĂ©miniscences » DĂ©chaux 1998 206 ; il opĂšre, dans le mĂȘme temps, une sĂ©lection qui renvoie une partie du passĂ© dans l’oubli Muxel 1996. Ce travail n’est pas seulement mental c’est aussi Ă  travers la manipulation des supports matĂ©riels de la mĂ©moire qu’il va ĂȘtre possible de trouver cette bonne distance ». Le survivant doit, en particulier, dĂ©cider du devenir des affaires de son conjoint, de ses effets personnels, des objets lui ayant appartenu en propre ou auxquels son image reste attachĂ©e. Faut-il les conserver ou s’en dĂ©barrasser ? LĂ  sont les deux attitudes possibles, les deux rĂ©ponses Ă  une mĂȘme gĂȘne, celle que provoque le contact avec l’intimitĂ© du dĂ©funt » Gotman 1989 131. 36Quelques-uns conservent toutes les affaires de leur conjoint disparu sans parvenir Ă  s’en dĂ©tacher M. Jacques vi[t] encore avec cette idĂ©e de sa prĂ©sence » et dans cette pensĂ©e qu’un jour on va se retrouver » ; M. Robert a gardĂ© tous les habits de son Ă©pouse et, s’il dĂ©clare qu’il a mal Ă  [s]on cƓur de ça [d’avoir tout gardĂ©] », il pense que ça va durer tout le temps, pour moi, toujours ». A l’inverse, d’autres optent pour une stratĂ©gie radicale de mise Ă  distance » du mort. Soit de façon raisonnĂ©e, par refus de vivre dans le souvenir. Ainsi, Mme Blandine a donnĂ© toutes les affaires et les objets personnels de son mari Je me disais si je les laisse lĂ , chaque fois que je vais les voir, je vais penser Ă  lui. J’ai prĂ©fĂ©ré  tirer un trait carrĂ©ment
 Ça peut paraĂźtre dur, mais il n’y a rien Ă  faire, je suis comme ça [rires] », indique-t-elle. Et elle a prĂ©fĂ©rĂ© dĂ©mĂ©nager et changer l’ameublement car, explique-t-elle, je ne veux pas ĂȘtre triste. Je dis qu’aprĂšs tout on ne sait pas combien d’annĂ©es il nous reste Ă  vivre
 Moi, maintenant, mon but, c’est de profiter le plus possible de la vie ». Soit, dans quelques cas, parce que la douleur est insupportable M. Joseph a quittĂ© aussitĂŽt l’appartement qu’il louait avec son Ă©pouse pour la bannir de [s]a tĂȘte » il regrette, aujourd’hui, cette rĂ©action violente car il a le sentiment qu’elle ne l’a pas aidĂ© Ă  surmonter le deuil ; M. Victor, qui a vĂ©cu le dĂ©cĂšs de son Ă©pouse comme une trahison », raconte qu’il a cassĂ© les objets lui ayant appartenu ; certains prĂ©fĂšrent ne pas parler de leur conjoint disparu pour Ă©viter de remuer le couteau dans la plaie ». Le plus souvent, la rĂ©action n’est pas si radicale et, tout en se dĂ©barrassant de la plupart des effets personnels du mort, le survivant conserve un ou deux vĂȘtements, sans toujours pouvoir, d’ailleurs, justifier leur Ă©lection Moi j’ai gardĂ© un costume
 Je me demande pourquoi, parce que, Ă  chaque fois que je le vois dans l’armoire, je me dis que je ferais bien de le donner
 Mais non, il est lĂ , je le garde
 » Mme Elise. Quant aux affaires dont on a dĂ©cidĂ© de se dĂ©barrasser, il semble impossible de les jeter et elles sont donnĂ©es, en gĂ©nĂ©ral, Ă  quelqu’un de sĂ©rieux » qui va en prendre soin ou leur trouver une utilitĂ© c’est souvent un proche qui est choisi ou encore une association caritative. 37Certains objets concentrent les souvenirs les plus douloureux. Ils peuvent se trouver rejetĂ©s ainsi, certains appareils techniques comme la tĂ©lĂ©vision ou la chaĂźne hi-fi deviennent quelquefois inutilisables car ils se trouvent associĂ©s Ă  l’image du conjoint malade qui en faisait un usage intensif Ă  la fin de sa vie Caradec 2000. D’autres suscitent des rĂ©actions plus ambivalentes le survivant leur est attachĂ©, mais il souhaiterait en mĂȘme temps pouvoir s’en dĂ©barrasser. C’est, pour Mme ThĂ©rĂšse, le cas du fauteuil de son conjoint Je l’aime pas hein, ah la la ! J’le dĂ©teste mĂȘme. Moi, je trouve qu’il est affreux. Mais c’est le fauteuil oĂč il lisait son journal, oĂč il regardait la tĂ©lĂ©. J’ai mĂȘme eu envie de le jeter, hein, mais j’l’ai pas fait, j’y arrive pas
 » On peut aussi conserver certains objets tout en s’efforçant de les Ă©viter, en usant de stratĂ©gies pour les rendre inoffensifs Mme Fabienne, qui, sur les conseils de sa belle-fille, a jetĂ© tous les vĂȘtements de son mari, a gardĂ© son rasoir, son peigne, sa trousse quand il allait Ă  l’hĂŽpital », mais elle les a mis dans un coin pour ne pas les voir » ; quant aux photos, elle les a rangĂ©es dans un tiroir avec quelque chose au-dessus. Comme ça, quand j’ouvre le tiroir, je ne le vois pas. Parce qu’il Ă©tait triste, lĂ , il avait maigri, tout ça ». 38Cette impossibilitĂ© d’approcher certains objets n’est pas dĂ©finitive, cependant la recherche d’une bonne distance » avec le mort, la maĂźtrise de la part douloureuse du souvenir demandent du temps. Tel objet ayant appartenu au dĂ©funt et dont le survivant ne parvenait pas Ă  se dĂ©faire finit par ĂȘtre refroidi » Gotman 1989 et peut alors ĂȘtre cĂ©dĂ©. Telle piĂšce de la maison, longtemps demeurĂ©e interdite, redevient accessible. Et il devient possible de regarder les photos jusqu’alors dĂ©fendues. Cependant, mĂȘme aprĂšs plusieurs annĂ©es, il reste des choses qui rĂ©veillent la part affective de la mĂ©moire si les objets et les lieux associĂ©s Ă  la vie conjugale Ă©voquent pour Mme HĂ©lĂšne de bons moments » et l’aident dans les moments difficiles, elle reconnaĂźt qu’elle n’a pas encore eu le courage de [
] ressortir » les films vidĂ©o. Conclusion 39Si l’on se place dans une perspective constructiviste et interactionniste, le conjoint est l’ autre par excellence » des interactions quotidiennes, celui qui stabilise la vision du monde et la personnalitĂ© Berger & Kellner 1988 ; il joue un rĂŽle clĂ© dans la rĂ©vĂ©lation et la confirmation de soi Singly 1996, 2000 ; il est celui avec qui se tissent les routines conjugales Kaufmann 1992, 1994. On sait, par ailleurs, combien les relations pures » de la sphĂšre privĂ©e sont, dans les sociĂ©tĂ©s modernes, nĂ©cessaires Ă  la sĂ©curitĂ© ontologique Giddens 1991. Il n’est donc guĂšre Ă©tonnant que, au moment du dĂ©cĂšs du conjoint, l’identitĂ© de son partenaire vacille, que le monde lui paraisse s’effondrer, que l’existence ne lui semble plus avoir de sens. 40Le dĂ©fi du veuvage consiste alors Ă  rĂ©organiser progressivement son existence en lui trouvant une nouvelle signification. Ce dĂ©fi apparaĂźt particuliĂšrement difficile Ă  relever lorsque le dĂ©cĂšs du conjoint frappe, comme c’est majoritairement le cas, aprĂšs la retraite et le dĂ©part des enfants, alors qu’il n’est plus possible de trouver son salut dans l’investissement professionnel ou parental. Certains parviennent cependant, parfois grĂące Ă  la mĂ©diation d’un proche, Ă  trouver de nouveaux centres d’intĂ©rĂȘt, Ă  s’investir dans des activitĂ©s nouvelles et Ă  tisser des relations qui occupent une place importante dans leur vie. D’autres, parmi les plus ĂągĂ©s, se contentent de survivre, plongĂ©s dans leurs souvenirs et dans l’attente de la mort, s’installant dans un monde “entre-deux” » ClĂ©ment 1994. 41Si la rĂ©organisation de l’existence peut prendre des formes trĂšs diverses, le veuvage n’apparaĂźt pas, au-delĂ  du sentiment d’anĂ©antissement qui suit le dĂ©cĂšs, aussi dĂ©stabilisant pour l’identitĂ© qu’on pouvait s’y attendre il n’est qu’assez rarement le catalyseur d’un changement identitaire important. De ce point de vue, le veuvage ne constitue pas la figure inversĂ©e du mariage si celui-ci est une rupture nomique », en ce sens qu’il transforme la vision du monde et l’identitĂ© des conjoints Berger & Kellner 1988, on ne peut pas dire que le veuvage soit anomique, sinon dans les premiers temps du dĂ©cĂšs. Car, pour la plupart des veuves et des veufs rencontrĂ©s y compris pour celles et ceux qui ont formĂ© un nouveau couple, le conjoint dĂ©cĂ©dĂ© reste trĂšs prĂ©sent et continue Ă  jouer un rĂŽle central et structurant dans leur vie quelques-uns refusent certes de laisser trop de place aux souvenirs et entendent profiter des annĂ©es qu’il leur reste Ă  vivre, mais pour beaucoup le conjoint disparu ne cesse pas d’ĂȘtre l’ autre par excellence ». Il l’a Ă©tĂ© pendant tant d’annĂ©es qu’il a imprimĂ© sa marque, de maniĂšre dĂ©finitive, sur l’identitĂ© de son partenaire ; et la place que celui-ci lui accorde dans ses pensĂ©es quotidiennes est telle que le dĂ©funt continue, par-delĂ  la mort, Ă  jouer un rĂŽle de confirmation identitaire pour le survivant.

LespĂšres , les mĂšres les grands pĂšres et les grands-mĂšres, les enfants, leurs enfants mĂąles et femelles et les enfants des filles. Il en est de mĂȘme des frĂšres , des sƓurs et de leurs enfants; les oncles les tantes paternelles, les oncles maternels, les tantes maternelles et leurs enfants. Quant aux proches de l'Ă©pouse, ils sont des beaux parents et non des proches.

Lorsqu’une femme se convertit laissant son mari dans son ancienne foi, alors les oulĂ©mas, toutes Ă©coles juridiques confondues, s’accordent sur un fait la femme dispose d’un dĂ©lai de viduitĂ©, si son mari la rejoint dans sa nouvelle foi alors le mariage reste valide. S’il ne se convertit pas, alors ils devront ĂȘtre sĂ©parĂ©s se rĂ©fĂ©rant ainsi Ă  certaines sources comme Sayda Zaynab, que Dieu l’agrĂ©e, la fille du prophĂšte paix et salut sur lui, qui Ă©tait l’épouse d’Abi al-As Ibn ar-Rabi avant l’Islam. Quant elle se convertit son mariage fut dissous et elle rejoignit son pĂšre. Ensuite, quand le mari se convertit, notre maĂźtre le prophĂšte, paix et salut sur lui, lui rendit sa femme Tarmidhi. Et selon Seyidna Anas, que Dieu l’agrĂ©e Abou Talhata a Ă©pousĂ© Um Salim et la dot offerte Ă©tait l’Islam car la femme s’était convertie avant l’homme et quand celui-lĂ  a demandĂ© sa main, elle lui dit si tu te convertis, je t’épouse » c’est ainsi que l’Islam a constituĂ© la dot dans ce mariage NassaĂŻ. Ou encore la fille de Seyidna Walid Ibn al-Moughira, que Dieu l’agrĂ©e, femme de Seyidna Safwan Ibn Umayya, que Dieu l’agrĂ©e, qui s’était Ă©galement convertie avant son mari et le mariage avait Ă©tĂ© dissous. Puis il s’est converti et a repris sa femme. MuwattaDe mĂȘme que Um Hakim bint al-Harith ibn Hisham, que Dieu l’agrĂ©e, Ă©tait la femme de Seyidna Ikrim ibn Abi Djahl, que Dieu l’agrĂ©e. Leur mariage fut dissous. Puis il se convertit dans le dĂ©lai de viduitĂ© et reprit sa femme Ibn Abi Shayba. Toutefois, certains juristes divergent sur la durĂ©e de cette pĂ©riode d’attente entre un minimum de trois mois et le temps nĂ©cessaire pour permettre au mari d’apprendre Ă  connaĂźtre les enseignements de sa foi. Parmi les contemporains, il y a de plus en plus de savants qui considĂšrent que cette sĂ©paration dĂ» Ă  la conversion n’a plus lieu d’ĂȘtre, surtout lorsqu’il y a des enfants en jeu.
Jeannine parler de politique peut s’avĂ©rer compliquĂ© avec les gens qu’on ne connaĂźt pas bien, mais avec mon cercle premier, famille et amis, il n’y a pas de soucis, y compris si nous ne
Annoncer sa sĂ©paration d'un commun accord Maman, Papa, J'ai prĂ©fĂ©rĂ© prendre la plume pour vous annoncer que Donna et moi allons divorcer. Je ne me sentais pas capable de vous le dire de vive voix. Ces derniers mois, des tensions sont apparues entre nous, nous nous disputions souvent et malgrĂ© la thĂ©rapie de couple que nous avions entreprise, nous n'avons pas trouvĂ© d'autres solutions. Nous ne voulions pas faire vivre les enfants dans cette ambiance pernicieuse qui leur renverrait une image nĂ©gative de leurs parents et de l'amour en gĂ©nĂ©ral. Nous nous sommes promis que nos relations futures n'en souffriront pas et que nous n'aurons pas de rancƓur l'un pour l'autre. Je vous demande pardon pour mon silence de ces derniĂšres semaines, d'autant plus que c'est vers vous que j'aurais dĂ» me tourner. Je vis assez mal la situation, je pars chez Steven le temps de trouver un appartement. Je vous appellerai quand je me sentirai un peu mieux. Je vous embrasse, Eric Annoncer l'annulation de son mariage Mes chers amis, C'est avec beaucoup d'Ă©motions que nous vous annonçons que Marie et moi avions dĂ©cidĂ© d'annuler notre mariage. Des problĂšmes sont apparus entre nous et nous prĂ©fĂ©rons rompre nos fiançailles avant d'ĂȘtre plus engagĂ©s. Nous avons longuement rĂ©flĂ©chi Ă  la situation pour en arriver Ă  la conclusion que le mieux pour nous Ă©tait de continuer nos vies chacun de son cĂŽtĂ©. J'ose espĂ©rer que nos relations n'en souffriront pas et que nous garderons contact avec vous. AmitiĂ©s sincĂšres, Marie et Louis Annoncer son divorce Ă  son entourage Luce, J'aurais prĂ©fĂ©rĂ© te le dire de vive voix, mais le courage me manque ; Morgan et moi avons dĂ©cidĂ© de divorcer. C'est d'un commun accord que nous avons pris cette douloureuse dĂ©cision. Nous ne sommes pas arrivĂ©s Ă  retrouver un Ă©quilibre, il y avait trop de tensions, trop de disputes entre nous. C'Ă©tait une Ă©vidence, nous ne pouvions plus vivre sous le mĂȘme toit, j'ai besoin de plus de sĂ©rĂ©nitĂ©, de stabilitĂ© et d'une famille et elle prĂ©fĂšre vivre au jour le jour sans se projeter. Tu as compris, c'est son dĂ©sir de ne pas avoir d'enfants qui est Ă  l'origine de notre rupture. Je sais que tu Ă©tais trĂšs attachĂ© Ă  Morgan, mais j'espĂšre que notre amitiĂ© n'en souffrira pas. Pardonne-moi de mon absence, mais j'ai besoin de faire une pause, prendre quelques jours de vacances, histoire de faire le point et de prendre du recul. Je te dis Ă  trĂšs bientĂŽt Renan Annoncer l'annulation de ses fiançailles Chers amis, Nous sommes au regret de vous annoncer que Lilly et moi avons dĂ©cidĂ© d'annuler nos fiançailles. Nous nous sommes rendu compte que nous avons agi sur un coup de tĂȘte et que nous avons prĂ©cipitĂ© les choses. Nous prĂ©fĂ©rons prendre chacun un peu de recul avant de nous engager pour la vie. AmitiĂ©s, Lilly et Marshall
Lasignification de ce hadith est que celui qui rompt les liens familiaux n'entrera pas au paradis parmi les premiers. La signification de "maintenir les liens de parentĂ©" c'est rendre visite aux Personne ne peut ou ne mĂ©rite de vivre dans une ambiance Ă©motionnellement toxique. Il est absolument vital et nĂ©cessaire de sortir de cet environnement. Certains membre de notre famille peuvent ĂȘtre insupportables Ă  vivre et Ă  supporter de part leur comportement et leurs propos. Le plus compliquĂ© dans tout cela, c’est que malgrĂ© le fait qu’ils rendent la vie impossible, il n’est pas simple de s’en dĂ©faire, il y aura toujours un lien on ne choisit pas sa famille. On se retrouve alors coincĂ©e, sans aucune issue. Ce sentiment va gĂ©nĂ©rer de grandes difficultĂ©s lorsque l’on aura des relations avec les autres, et cela nous empĂȘchera d’exprimer librement nos sentiments et nos opinions, de discuter et de se montrer telles que nous sommes. Ce genre de situation concerne notamment la relation parents-enfants, mais peut Ă©galement toucher des relation oncles-tantes/niĂšces, frĂšres et soeurs, ou encore grands-parents/petits-enfants. Comment comprendre et accepter les comportements de ces membres de famille malveillants, intrusifs ou violents et surtout comment se construire sans ces repĂšres familiaux d’amour ? Un parent toxique, c’est un parent qui a Ă©tĂ© dominateur, critique, mĂ©prisant, manipulateur ou plus simplement dĂ©missionnaire et incapable d’offrir le moindre soutien Ă  son enfant. » – BĂ©atrice Voirin ‱ Pardonner Il est important de pardonner pour se libĂ©rer, c’est en quelque sorte une forme de pardon Ă©goĂŻste nĂ©cessaire Ă  ta propre avancĂ©e. Il faut intĂ©grer une chose ces personnes ne changeront pas du jour en lendemain et il ne sert Ă  rien d’espĂ©rer et de se faire des illusions parce que le risque de tomber de haut sera bien trop Ă©levĂ©. Cependant, il est possible de se dĂ©tacher du pouvoir destructeur qu’ils ont sur toi. Cette famille est responsable de ce que tu subis mais ce n’est pas toi qu’il l’a provoquĂ©. La seule chose dont tu es responsable est l’attitude positive que tu peux prendre de maniĂšre Ă  surmonter cette mauvaise expĂ©rience. Tu dois dĂ©sormais ĂȘtre la seule maĂźtresse de ta vie future et plus rien ne doit impacter ton avancĂ©. Par exemple Tes parents ne s’entendent plus et finissent par se sĂ©parer. Ta mĂšre, attristĂ©e et en colĂšre, dĂ©cide inconsciemment de faire de toi son souffre douleur. Tu te prends alors toutes les insultes et les coups Ă  la figure, et ce durant des annĂ©es, sous prĂ©texte que c’est de ta faute – alors qu’évidemment ce n’est absolument pas le cas. Seulement, si aujourd’hui tu n’avances pas Ă  cause de cela, c’est en partie parce que tu es restĂ©e coincĂ©e sur l’attitude de ta mĂšre. Pardonne-lui, parce qu’en lui pardonnant en plus de comprendre que tu n’es pas responsable, tu peux dĂ©sormais avancer sans les souvenirs nĂ©fastes de cette mĂšre toxique. Il est Ă©vident que tu m’as fais souffrir, mais je te pardonne, je te pardonne pour aller mieux, pour ne plus te laisser avoir une emprise dans ma vie. » ‱ RĂ©pondre et capituler Si tu ne rĂ©ponds pas mais que tu rĂ©agis, tu laisses Ă  l’autre l’occasion de voir que tu es en colĂšre, fĂ©brile et Ă©motionnellement prĂȘte Ă  te laisser dĂ©truire encore une fois. Tu deviens alors impulsive, ce qui lui donnera l’occasion de continuer Ă  te contrĂŽler et Ă  avoir un impact sur toi. Alors que si tu dialogues tu prends en compte les Ă©motions dont tu as encore le contrĂŽle. Il ne faut plus que tu cherches Ă  te justifier. Il est Ă©vident que tu n’as rien fait, que tu n’es pas une incapable ou encore une mauvaise personne, alors pourquoi essayer sans cesse de l’expliquer ? Ce qu’il faut dĂ©sormais c’est que tu affirmes ton ressenti sans pour autant chercher Ă  contredire. Il y a une grande diffĂ©rence entre capituler parce que tu te sens faible et baisser les armes face Ă  des parents avec qui tu as tout essayĂ©. Capituler est un acte de faiblesse, baisser les armes, une maniĂšre intelligente de te dĂ©barrasser d’un trop plein d’emprise psychologique. Cela signifie que tu te diriges vers une prise de conscience. Par exemple Ton pĂšre te demande constamment de l’ader financiĂšrement et lorsque tu refuses il te fait culpabiliser sur le fait que tu es une vraie pince », Ă©goĂŻste » et radine » qui ne veut pas aider son pauvre pĂšre alors que c’est lui qui t’as Ă©levĂ©, nourrie et logĂ©e durant toutes ces annĂ©es sans compter. Bien sĂ»r ce n’est pas la premiĂšre fois que ça arrive, et Ă©videmment tu as toujours Ă©tĂ© lĂ  pour lui. Il s’avĂšre juste que pour une fois tu es dans l’impossibilitĂ© de l’aider. Il te suffit de le lui dire et de ne pas t’emporter dans une rĂ©action qui serait provoquĂ©e par l’injustice de ses propos Tu sais que je t’ai toujours soutenu mais ne me demande pas des choses que je ne peux pas faire. Je suis moi aussi dans une situation financiĂšre difficile, et tu dois essayer de me comprendre ». ‱ Prendre ses distances Évitez les gens nĂ©gatifs, ils ont toujours un problĂšme pour chaque solution. » Il est parfois, et ce dans des moments critiques, nĂ©cessaire de prendre ses distances. Cela ne signifie pas couper les ponts » mais savoir s’éloigner quelques temps, ou changer de lieu d’habitation, pour mieux rebondir sur la situation en ayant un recul et un temps pour soi, qui sont nĂ©cessaires. Tu ne seras pas une enfant ingrate si tu dĂ©cides d’éviter le feu qui est en train de te consumer. Ne penses pas qu’en partant tu fais mal ton rĂŽle de fille, petite fille, niĂšce, cousine, soeur ou autre. Au contraire, tu fais preuve d’une rĂ©flexion censĂ©e pour Ă©viter un drame et des consĂ©quences bien plus grave qu’elles ne le sont dĂ©jĂ . Par exemple Tu entres Ă  l’universitĂ© et il s’avĂšre que tu fais tout les jours les allĂ©s-retour pour rentrer chez toi, au sein du foyez familial. Seulement, tu t’entends de plus en plus mal avec ta soeur et votre relation est Ă  la limite de la rupture dĂ©finitive. Il ne se passe pas un jour oĂč elle ne te critique pas, ne joue pas avec tes nerfs, ne te provoque pas, te manque de respect et te rabaisse face Ă  tes parents, qui soit dit en passant ne prennent pas au sĂ©rieux la situation et estiment que ce n’est qu’une dispute entre soeurs commune Ă  toute les autres. Essaye dans ce cas de prendre un appartement Ă©tudiant, avec un petit boulot Ă  cĂŽtĂ© si tu n’es pas boursiĂšre par exemple et rentre uniquement chez tes parents les week-end, reste constante daans tes coups de fil, de maniĂšre Ă  prendre tes distances sans trop brusquer les choses. Tu l’auras compris, l’environnement dans lequel tu vis est significatif de la personne que tu vas devenir et de la relation que tu auras avec autrui. Il est primordial alors de vivre avec un entourage qui t’élĂšve, et si ce n’est pas le cas de prendre les dĂ©cisions nĂ©cessaires Ă  ton avancĂ©e personnelle. Nul n’a le droit de te dĂ©truire, de te rabaisser ou encore de t’humilier, et ce mĂȘme s’il a la mĂȘme sang que toi. Prends ta vie en main et ne te laisse pas empoisonner par une famille toxique. Le plus important est que tu te dĂ©taches de tout sentiment de culpabilitĂ©. Ce n’est pas parce qu’il s’agit de ta famille que tu dois tout accepter. Ta dignitĂ© et ton bonheur doivent ĂȘtre tes premiers moteurs. Une personne qui t’aime doit te respecter. Tu as dĂ©sormais toute les clĂ©s pour t’en dĂ©faire, il ne tient dĂ©sormais plus qu’à toi de devenir la meilleure version de toi-mĂȘme.
Lesfiançailles en songe pour ArtĂ©midore, est un prĂ©sage de mort prochaine dans la famille. Si elles sont rompues, cela prĂ©dit la guĂ©rison d'une maladie grave. Signification du rĂȘve de fiançailles en islam: Selon l'islam, le rĂȘve de ses propres fiançailles, est annonciateur de la fin d'une pĂ©riode de votre vie.
Lescommandements de l’Islam. Cher frĂšre, adoptez pour ligne de conduite dans vos relations avec les autres cette parole du ProphĂšte: « Evite les interdits et tu seras alors le plus pieux des hommes, satisfais-toi de la portion qu'Allah t'a donnĂ©e et tu seras alors le plus riche des hommes, sois bienfaisant envers ton voisin et tu seras
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