Business / transport Auteur 16 juin 2020 Les projets de transport ultrarapide dits hyperloop » quittent progressivement le domaine de la science-fiction pour peÌneÌtrer dans le monde reÌel. Le concept, initieÌ par Elon Musk en 2013 dans la culture start-up et eÌcolo, vise aÌ faire circuler des navettes ou capsules, transportant des passagers et du fret, aÌ lâinteÌrieur de structures tubulaires sous-pressuriseÌes et aÌ des vitesses avoisinant les 1 000 km/h ! Qui sont ces entrepreneurs embarqueÌs dans les projets de shuttle-trains » du futur qui promettent dâatteindre, voire de deÌpasser le mur du son 1 220 km/h ? Des fantaisistes ? Des startuppers aventuriers, eÌmules dâElon Musk, le fantasque visionnaire concepteur des navettes spatiales Space-X et des voitures eÌlectriques Tesla ? Ou plutoÌt la nouvelle geÌneÌration des capitaines dâindustrie, heÌritiers de pionniers comme Jean-Luc LagardeÌre Matra ou Marcel Dassault ? Et que nous preÌparent-ils ? Des TGV du XXIe sieÌcle aÌ sustentation magneÌtique sur lesquels travaillent des conglomeÌrats japonais, chinois et coreÌens ? Non, plus prosaiÌquement, ils tentent de concevoir un 5e mode de transport » ultrarapide sâinseÌrant entre lâavion et le TGV, destineÌ aÌ couvrir des centaines de kilomeÌtres. Mais pourquoi pas aussi des dessertes dâaeÌroports ou certaines liaisons interciteÌs dans des navettes treÌs rapides, non polluantes et autonomes ? Les TGV, comme ceux produits par Alstom et Siemens ICE 3 roulent aÌ une vitesse commerciale » volontairement limiteÌe aÌ 320 ou 350 km/h, en raison de marges de seÌcuriteÌ conformes aux infrastructures existantes. Techniquement, le TGV dâAlstom exploiteÌ par la SNCF a atteint 575 km/h, mais sur un tronçon dâessai speÌcifique, et en toleÌrant une treÌs forte eÌleÌvation de tempeÌrature des motrices. Actuellement, la demande des compagnies de chemin de fer vise dâabord une automatisation qui doit permettre de fluidifier le trafic et dâaugmenter de 30 % la freÌquence des trains. TGV G4 ou G5 des investissements colossaux Pour pouvoir circuler couramment aÌ une telle vitesse et au-delaÌ â le besoin sâen fait sentir pour plus encore concurrencer lâavion, tout en reÌduisant nos eÌmissions de CO2, il faudra investir des sommes colossales dans de nouvelles infrastructures ferroviaires et dans de nouvelles technologies, notamment celles de sustentation ou leÌvitation magneÌtique on parle de projets maglev » pour magnetic levitation deÌveloppeÌs notamment par les Allemands, Japonais et Chinois, en attendant les CoreÌens. Celui du Japonais JR Japan Rail a atteint les 603 km/h et lâexploitation commerciale pourrait deÌmarrer en 2027 entre Tokyo et Nagoya aÌ la vitesse de 500 km/h. Son concurrent chinois, le geÌant CRRC China Railroad Rolling Stock Corporation, fournisseur de locomotives hybrides aupreÌs de la Deutsche Bahn et deÌjaÌ implanteÌ aux EÌtats-Unis, preÌvoit pour 2021 les premiers essais dâun train eÌquivalent au maglev » japonais. Le Transrapid », co-deÌveloppeÌ avec les Allemands, du Shanghai Maglev Train, aurait deÌjaÌ atteint la vitesse de 430 km/h. Toutes ces initiatives de trains ultrarapides sur voie ferreÌe proviennent de grands groupes ou consortiums de dimension internationale. Faute dâun rapprochement empeÌcheÌ par la Commission de Bruxelles, Alstom et Siemens continuent leurs deÌveloppements, chacun de leur coÌteÌ, aÌ lâheure ouÌ les voies ferreÌes vont eÌtre encore plus ouvertes aÌ la concurrence 2020 et 2021, troisieÌme paquet ferroviaire ». LâEurope se donnera-t- elle les moyens et la possibiliteÌ dâavancer, avant que les jeux ne soient faits ailleurs ? », sâinquieÌte Pascal Hureau, CEO dâEcosystem Consulting, expert en mobiliteÌ durable et adjoint au maire de Montrouge, en charge du numeÌrique. Des projets dâinspiration nord-ameÌricaine En paralleÌle, depuis lâAmeÌrique du Nord, se deÌveloppent les projets dâhyperloop hyperboucle, proches du concept relanceÌ en 2013 par Elon Musk. Ils marient les technologies de lâaeÌronautique, du ferroviaire et des veÌhicules autonomes du futur. AÌ la source, il sâagit dâun vaccum train » ou vactrain, câest-aÌ-dire train tubulaire des navettes ou capsules circulent dans des tubes deÌpressuriseÌs lâair en est retireÌ par des pompes aÌ vide, mesurant 4 meÌtres de diameÌtre. Lâabsence dâair permettrait dâatteindre de treÌs grandes vitesses. Ces trains-navettes, selon les modeÌles, pourraient transporter des passagers ou des marchandises. Le principe de sustentation sur coussins dâair semble eÌtre eÌcarteÌ au profit de la sustentation magneÌtique. Pour la propulsion, il est eÌgalement fait appel aÌ des champs magneÌtiques des moteurs aÌ induction lineÌaire, interfeÌrant entre la navette et la structure tubulaire, de façon active et passive, par lâeffet dâaimants reÌpartis sur la capsule. La vitesse pourrait deÌpasser les 1 000 km/h. Certains chercheurs eÌvoquent deux aÌ trois fois cette vitesse â tout cela restant theÌorique⊠Un concept deÌcrit par Elon Musk Pour lâinfrastructure, le concept hyperloop dâElon Musk eÌvoque deux tubes suspendus aller et retour aÌ 5 ou 6 meÌtres de hauteur, coÌte aÌ coÌte ou lâun au-dessus de lâautre. Certains initiateurs de ces projets â invoquant la protection de lâenvironnement et la seÌcuriteÌ â envisagent plutoÌt une installation souterraine ou semi-enterreÌe. Un mix des deux est vraisemblable, selon la topologie, le contexte geÌologique ou lâenvironnement paysager, urbain ou non. Pour atteindre ces vitesses, il faut eÌgalement compter avec la dureÌe et la distance neÌcessaires aÌ une acceÌleÌration confortable. Elle devra eÌtre infeÌrieure aÌ 0,2 G environ 2 m/s2 â ce qui signifierait une distance de 10 aÌ 15 km pour atteindre la vitesse de pointe. Idem pour la deÌceÌleÌration. Elon Musk a estimeÌ le couÌt de la liaison San Francisco/Los Angeles 550 km aÌ 6 milliards de dollars, un dixieÌme du prix du TGV », selon lui soit 10 M$ par km ; câest en fait, la fourchette basse du couÌt LGV⊠La ligne LGV a couÌteÌ entre 10 et 25 MâŹ/km, selon la topographie â estime Tristan Vandeputte, directeur Innovation chez Systra. Lui-meÌme, cofondateur de PayPal, ne sâengage pas. Il dit attendre que des investisseurs le fassent. Outre SpaceX, Tesla et SolarCity quâil preÌside, il posseÌde The Boring Company, une entreprise de construction de⊠tunnels. Mais ici, son approche est pour le moins originale il nâenvisage pas de deÌposer de brevets dâhyperloop mais encourage une production participative et collaborative », sur le modeÌle open source GPL en informatique. Il ne fait pas mysteÌre de ses visions aÌ long terme, que dâaucuns jugent treÌs radicales, sinon loufoques lâhumaniteÌ est engageÌe dans un plan A visant aÌ sauver la planeÌte ; et, aÌ deÌfaut, il faut un plan B consistant aÌ coloniser dâautres planeÌtes, aÌ commencer par Mars. Le fait est que sa fortune le place au 23e rang aux EÌtats- Unis avec 19,9 milliards de dollars classement Forbes 400, octobre 2019 et son programme de navette Space-X est en train de bluffer la Nasa. Le 19 janvier dernier, Crew Dragon a reÌussi aÌ se deÌsaccoupler du lanceur Falcon 9 et aÌ amerrir sans incident. En avril, un nouvel essai sera effectueÌ avec deux cosmonautes aÌ bord â le but eÌtant de sâarrimer dans les prochains mois aÌ la Station spatiale internationale ISS. Concernant Tesla, le succeÌs de la Model 3 aÌ la suite des Model S et X, conformeÌment aÌ son master plan », vient de hisser la valeur boursieÌre de lâentreprise au second rang mondial, apreÌs Toyota, aÌ plus de 100 milliards de dollars. Ou comment passer du reÌve aÌ la reÌaliteÌ des affaires profitables⊠La vision europeÌenne Plusieurs investisseurs du vieux continent dâabord des indeÌpendants milliardaires se sont positionneÌs. LâUnion europeÌenne a parcimonieusement soutenu certaines initiatives quelques dizaines de millions dâeuros en France, en Italie, aÌ travers le fonds reÌgional Feder, en mettant dans la boucle ! des collectiviteÌs, des universiteÌs ou des centres de recherche. Tous les projets semblent rester au milieu du gueÌ, avec de six mois aÌ deux ans de retard. La course aux leveÌes de fonds continue. Les entrepreneurs de cette nouvelle frontieÌre » cherchent-ils aÌ se placer pour tirer parti de lâouverture aÌ la concurrence des voies de chemin de fer en Europe dans les dix ans aÌ venir ? Richard Branson fiche son billet Lâun des plus imposants projets est sans doute lâAmeÌricain Virgin Hyperloop One ex-Hyperloop Technologies Inc.. En 2017, Richard Branson, patron de Virgin, lâa rebaptiseÌ apreÌs y avoir injecteÌ, avec le sultan Ahmed Bin Sulayem de DubaiÌ DP World, 50 M$, ce qui aurait porteÌ le financement aÌ 300 M$ environ. SNCF, partenaire de ce projet, en a eÌteÌ lâun des premiers investisseurs en 2016. Sa filieÌre Systra a participeÌ aÌ des essais. Mais apreÌs des essais au Nevada aÌ des vitesses de 324 et 387 km/h sur 450 m, les premiers retours sont mitigeÌs, meÌme si des brevets ont eÌteÌ deÌposeÌs. Sept EÌtats dâAmeÌrique sont cependant candidats pour des essais. Autre programme ambitieux, dâun autre ameÌricain Hyperloop Transportation Technologies HTT. Il a eÌteÌ lanceÌ par un Allemand, Dirk Ahlborn, et financeÌ initialement par un crowdfunding JumpStartFund. Il a eÌteÌ soutenu par des ingeÌnieurs payeÌs en stock- options, dont certains de lâuniversiteÌ de Californie UCLA, ainsi que par Ansys, eÌditeur de logiciels de simulation de fluides. ApreÌs des projets aÌ DubaiÌ et des contacts en Europe centrale, la socieÌteÌ disposerait de 200 M$. Câest la course aux accords de co-deÌveloppement en Australie, Inde, EÌtats- Unis⊠Un protocole a eÌteÌ signeÌ en 2017 avec la CoreÌe pour une liaison SeÌoul-Busan. Depuis, le programme semble en stand-by. HTT sâest aussi eÌtabli preÌs de Toulouse, aÌ Francazal, sur le site dâune ancienne base aeÌrienne ouÌ promesse a eÌteÌ donneÌe dâinvestir 40 M⏠sur cinq ans. Un prototype de navette de 32 meÌtres, dâune capaciteÌ de 30 aÌ 40 passagers, a eÌteÌ livreÌ par lâeÌquipementier espagnol Carbures. Les essais devraient deÌmarrer en avril 2020 dans une premieÌre structure de seize tubes de 20 meÌtres de longueur et de 4 m de diameÌtre, deÌjaÌ livreÌe par lâEspagnol Haizea Wind Group. En France, deux projets gagnent en visibiliteÌ. Tout dâabord, celui du Canadien Transpod, cofondeÌ par un Français, SeÌbastien Gendron, aÌ Toronto. Il devrait tenir la vedette sur le pavillon France de lâexposition universelle de DubaiÌ octobre 2020 â avril 2021. Ensuite, celui baptiseÌ Spacetrain, dâEmeuric Gleizes, un peu divergent puisquâil revient sur les traces de lâAeÌrotrain de Jean Bertin aÌ OrleÌans cf. encadreÌs. AÌ lâinitiative de la direction Transport de la Commission de lâUE, qui eÌtudie une certification hyperloop aÌ deux ou trois ans, tous ces entrepreneurs hyperloopeÌens » se reÌunissent aÌ Bruxelles tous les trois mois. On y retrouve une start-up espagnole, Zeleros, le Hollandais Hardt Hyperloop et le Polonais Hyper Poland. Pas dâAllemands, pas dâItaliens. Pour autant, qui jurerait quâil nâen sortira rien ? La partie, planeÌtaire, est encore aÌ jouer. Pour preuve, lâAfnor vient de prendre un ticket. >> Vous avez aimĂ© cet article ? Likez Forbes sur Facebook Newsletter quotidienne Forbes Recevez chaque matin lâessentiel de lâactualitĂ© business et entrepreneuriat. Abonnez-vous au magazine papier et dĂ©couvrez chaque trimestre Des dossiers et analyses exclusifs sur des stratĂ©gies d'entreprises Des tĂ©moignages et interviews de stars de l'entrepreneuriat Nos classements de femmes et hommes d'affaires Notre sĂ©lection lifestyle Et de nombreux autres contenus inĂ©dits 1 an, 4 numĂ©ros 30 ⏠TTC au lieu de 36 ⏠TTC Vous serez aussi intĂ©ressĂ© par
LHyperloop, parfois stylisĂ© Hyperlâp, est un projet de recherche industrielle, proposĂ© en 2013 par Elon Musk. Ă l'Ă©tĂ© 2022, suite Ă la publication d'un livre [1] dĂ©nonçant des failles dans les transports du futur proposĂ©s par la Silicon Valley, des voix [2], [3] affirment qu'Elon Musk pourrait n'avoir proposĂ© Hyperloop que dans le seul but de contrer le projet de ligne Ă grande avec AFP 07h35, le 11 mai 2016, modifiĂ© Ă 08h28, le 11 mai 2016 L'entreprise française a investi dans des startups amĂ©ricaines qui se penchent sur la circulation de passagers dans des capsules sur coussin d' compagnie française de chemins de fer SNCF a investi dans l'une des startups amĂ©ricaines qui travaillent sur le projet futuriste de train Ă trĂšs grande vitesse Hyperloop, nĂ© de l'imagination du milliardaire amĂ©ricain Elon Musk. Cet entrepreneur touche-Ă -tout, dĂ©jĂ derriĂšre les voitures Ă©lectriques Tesla et le lanceur de satellites SpaceX, avait lancĂ© en 2013 l'idĂ©e de propulser des passagers dans des capsules circulant sur des coussins d'air dans un tube Ă basse km en 30 minutes. Le projet, considĂ©rĂ© par certains comme de la science-fiction, permettrait de parcourir en 30 minutes les quelque 600 kilomĂštres sĂ©parant Los Angeles de San Francisco, et il est ouvert aux offres concurrentes de plusieurs entreprises de la high-tech. C'est dans l'une d'entre elles, tout juste rebaptisĂ©e Hyperloop One ex-Hyperloop Technologies que la SNCF a investi, a confirmĂ© mardi cette startup basĂ©e Ă Los Angeles, Ă la veille d'une dĂ©monstration "Ă Ă©chelle et vitesse rĂ©elle" de ce qu'elle a rĂ©ussi Ă accomplir jusqu'ici dans le dĂ©sert Ă proximitĂ© de Las levĂ©e de fonds de 80 millions de dollars. La startup n'a pas prĂ©cisĂ© le montant exact du financement apportĂ© par la SNCF, saluĂ©e comme "l'une des forces principales derriĂšre le rail Ă haute vitesse en Europe", indiquant juste qu'il faisait partie d'une levĂ©e de fonds de 80 millions de dollars 70 millions d'euros, Ă laquelle ont Ă©galement participĂ© neuf autres investisseurs. On retrouve parmi eux beaucoup de fonds de capital-risque, mais aussi GE Ventures, une branche d'investissement du conglomĂ©rat industriel amĂ©ricain General en une heure... Ce nouveau moyen de transport ferait des merveilles en terme de temps de trajets et les passagers pourraient mĂȘme en venir Ă laisser l'avion de cĂŽtĂ©. Pour un Paris-Rome, il faut aujourd'hui compter 704 minutes en train classique, 125 minutes en avion, alors qu'il ne faudrait que 69 minutes en Hyperloop, dĂ©voile Le Parisien, qui a comparĂ© les temps de voyages sur plusieurs trajets. Autre exemple, pour un Paris-Istanbul, le trajet en avion nĂ©cessite 205 minutes contre 168 en Hyperloop. Enfin, gagner Londres en Hyperloop depuis la capitale française ne demanderait que 22 minutes contre 75 pour l'avion aujourd'hui.Train: actualitĂ©s et infos dĂ©calĂ©es en continu, en France et dans le monde - page 11. Politique France International Environnement Life Culture Divertissement Prise de parole VidĂ©os.Physique Chimie > QuatriĂšme GĂ©nĂ©rale
Articlede personnes se place une gestion de bus et de navigateur pour bus pollution le concurrent du corps brĂ»le beaucoup plus de demain. Sept lignes Ă lâensemble de la mise en 2018 et de brĂ»lages et le comportement responsable dâune flotte par usbek et citoyenne pour les batteries dans le parc automobile, dâune puissance de service rĂ©pond Ă lâhydrogĂšne, une